ABOULIE


ABOULIE
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Manque ou absence de volonté. C’est Théodule Ribot qui a introduit le mot par francisation d’un terme grec dans son ouvrage Les Maladies de la volonté (1883). Les psychologues et les psychiatres contemporains ayant abandonné la notion de volonté aux métaphysiciens, on ne parle plus aujourd’hui de «maladies de la volonté» (cependant, Juliette Favez-Boutonier, en 1945, publie Les Défaillances de la volonté , mais n’utilise pas la notion d’aboulie). L’expression se rencontre pourtant quelquefois en un sens très voisin de psychasthénie parce qu’elle a eu la faveur de Pierre Janet, qui entendait par là «l’impossibilité de donner à l’acte la forme d’une décision» et avait décrit des aboulies de décision, d’exécution, de résistance, et des aboulies systématisées, motrices, intellectuelles.

aboulie [ abuli ] n. f.
• 1883; gr. aboulia « irréflexion », sens modifié d'apr. boulesthai « vouloir »
Méd. Trouble mental caractérisé par une diminution ou une disparition de la volonté se traduisant par une inaptitude à choisir, à se décider, à passer à l'acte. apathie.

aboulie nom féminin (du grec boulesthai, vouloir) Trouble mental caractérisé par l'affaiblissement de la volonté, entraînant une inhibition de l'activité physique et intellectuelle.

aboulie
n. f. Absence, diminution de la volonté.

⇒ABOULIE, subst. fém.
A.— PSYCHOPATHOLOGIE. Trouble mental caractérisé par la diminution ou la privation de la volonté, c'est-à-dire par l'incapacité d'orienter et de coordonner la pensée dans un projet d'action ou une conduite efficiente :
1. Le déficit, plus ou moins profond, de la volonté, représente l'aboulie; ...
H. CODET, Psychiatrie, 1926, p. 26.
2. L'acte de repos, affirment les spécialistes, est un acte volontaire. Chez beaucoup de malades l'insomnie même n'est qu'une des mille formes de l'aboulie.
G. BERNANOS, Sous le soleil de Satan, 1926, p. 254.
3. ... — l'aboulie caractérisée est accompagnée de phénomènes de dévitalisation — ...
E. MOUNIER, Traité du caractère, 1946, p. 417.
4. Dans le cas extrême de l'aboulie interviennent un rétrécissement du champ de conscience et la pauvreté de l'idée, « simple, étroite, formée de peu d'éléments psychologiques » et par là même incapable d'étoffer une décision concrète.
E. MOUNIER, Traité du caractère, 1946, p. 417.
5. ... le scrupuleux succombe à la maladie du doute et à ses conséquences, l'aboulie, l'asthénie et l'apraxie; ...
V. JANKÉLÉVITCH, Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien, 1957, p. 206.
Rem. Le terme fonctionne souvent dans un syst. de synon. (cf. tous les ex. sauf 2 et 4), de nombreux troubles psychopathologiques présentant les mêmes symptômes et les mêmes effets que l'aboulie.
B.— Au fig. Perte de vitalité d'un groupe social, d'une nation, etc. :
6. De l'éducation de la volonté dans l'instruction et dans la nation. Un beau sujet pour M. Buisson, à l'ouverture de son cours en Sorbonne. Un sujet trop actuel, hélas! dans l'effroyable crise d'aboulie que nous traversons.
G. CLEMENCEAU, Vers la réparation, 1899, p. 510.
7. Ce pays est peut-être absolument épuisé, disent-ils. Sa régression militaire et maritime n'exprime-t-elle pas un état d'anémie et d'aboulie sociales profondes?
Ch. MAURRAS, Kiel et Tanger, 1914, p. 200.
Stylistique — Nuance gén. dépréc., plus accentuée dans les rares emplois métaph. (cont. soc. ou pol.). Dans ces ex. aboulie est renforcé par des adj. d'intens. (effroyable, profonde, cf. ex. 6, 7). Un emploi presque fam. :
8. Il inquiétait sa famille par ce qu'on appelait « son aboulie ».
S. DE BEAUVOIR, Mémoires d'une jeune fille rangée, 1958, p. 254.
Prononc. — 1. Forme phon. :[abuli]. 2. Dér. et composés : aboulie, aboulique.
Étymol. ET HIST. — Corresp. rom. : ital. abulia; esp., port. abulia; roum. abulie.
1883 terme méd. (Th. RIBOT, Les Maladies de la volonté, p. 38 : Guislain a décrit en termes généraux cet affaiblissement que les médecins désignent sous le nom d'aboulie. Les malades savent vouloir intérieurement mentalement, selon les exigences de la raison... mais ils sont impuissants à faire convenablement).
Empr. au gr. « irréflexion, imprudence » dont le sens a été modifié par « vouloir ». formé du préf. privatif - et de « volonté ».
STAT. — Fréq. abs. litt. :15.
BBG. — FOULQ.-ST-JEAN 1962. — GARNIER-DEL. 1961 [1958]. — GOBLOT 1920. — JULIA 1964. — LAFON 1963. — LAL. 1963. — MIQ. 1967. — MOOR 1966. — PIÉRON 1968. — POROT 1960. — SPITZER (L.). Prov. catal. avol « mauvais, vil ». Romania. 1939, t. 65, pp. 537-539.

aboulie [abuli] n. f.
ÉTYM. 1883, Ribot; grec aboulia « irréflexion », sens modifié d'après boulesthai « vouloir ».
1 Méd., psychiatrie. Trouble mental caractérisé par une diminution ou une disparition de la volonté se traduisant par une inaptitude à choisir, à se décider, à passer de l'idée à l'acte. Apragmatisme; et aussi apathie, neurasthénie.Aboulie intellectuelle (Janet) : fléchissement de l'attention volontaire.
1 Le mot aboulie, quand il est employé d'une manière précise, ne désigne pas la suppression d'une action d'un degré quelconque; il désigne exactement la suppression de l'action réfléchie, l'impossibilité de donner à l'acte la forme d'une décision, c'est-à-dire d'une volonté ou d'une croyance arrêtées après délibération.
Pierre Janet, in Lalande, Voc. de la philosophie.
2 Je lui disais l'effroi où je me trouvais devant les retours inopinés et de plus en plus fréquents de torpeur et d'aboulies intellectuelles.
J.-R. Bloch, Deux hommes se rencontrent, p. 158.
3 Chez beaucoup de malades, l'insomnie même n'est qu'une des mille formes de l'aboulie.
Bernanos, Sous le soleil de Satan, in Œ. roman., Pl., p. 254.
2 Fig. Perte de la volonté, de la vitalité (chez une personne, dans un groupe). || « Un état d'anémie et d'aboulie sociales » (Maurras).
DÉR. Aboulique.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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